Quand on cherche les quartiers à éviter à Besançon, comme pour les quartiers à éviter à Douai, c’est presque toujours pour préparer un déménagement, un achat ou un séjour de quelques semaines. Les noms qui reviennent sont Planoise, Clairs-Soleils, Battant, Montrapon, Palente-Orchamps et les Hauts de Saint-Claude. Avant de les rayer de la carte, un point de méthode s’impose : il existe des zones de vigilance, mais pas de quartiers à bannir.
La réponse courte tient en trois points. Ces six secteurs sont tous classés quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) depuis le 1er janvier 2024. Ce classement mesure d’abord une concentration de pauvreté, pas un niveau de délinquance. Et Planoise, le plus grand et le plus cité, n’est pas synonyme de danger permanent pour qui y habite ou y passe.
Besançon est-elle vraiment une ville dangereuse ? Les chiffres en contexte
Les statistiques publiques du ministère de l’Intérieur sont publiées à l’échelle de la commune, pas rue par rue ni quartier par quartier. Impossible donc de classer sérieusement les quartiers par taux de criminalité : tout classement qui prétend le faire repose sur des impressions, des faits divers ou des indicateurs sociaux.
À l’échelle de la ville, Besançon a enregistré 7 103 crimes et délits en 2025 pour 118 489 habitants, soit 59,9 faits pour 1 000 habitants. Le tableau est contrasté. Les cambriolages sont rares, avec 2,8 pour 1 000 logements contre 5,6 en moyenne nationale. En revanche, les agressions physiques sont plus fréquentes, à 5,5 pour 1 000 habitants contre 3,2 au niveau national.
2,8 contre 5,6 : des cambriolages deux fois moins nombreux que la moyenne
Côté biens, Besançon est plutôt épargnée. Côté personnes, la vigilance se justifie davantage, surtout en soirée et dans les secteurs de vie nocturne. C’est ce contraste, plus que le chiffre global, qui doit guider votre choix d’un logement.
Besançon n’est donc pas une ville uniformément dangereuse. La sécurité varie selon l’heure, la rue et le type de risque, et c’est à cette échelle fine que la délinquance se joue, bien plus qu’à celle du quartier entier.
Les quartiers de Besançon à éviter : liste et détails
Le mot « éviter » est fort. Les six quartiers ci-dessous méritent surtout qu’on s’y renseigne avant de s’engager, par une visite à différentes heures, une discussion avec des habitants et un regard sur l’état de l’immeuble visé.
Planoise : le quartier le plus cité
Planoise arrive en tête de presque toutes les listes. C’est un grand ensemble construit pour loger rapidement une population nombreuse, devenu le plus vaste quartier prioritaire de la ville. Sa réputation s’appuie sur la précarité qui s’y concentre et sur des faits divers régulièrement relayés dans la presse locale, notamment autour du trafic de stupéfiants.
Cette image masque une réalité plus nuancée. Le quartier compte des commerces, des équipements publics, des espaces verts et de nombreux habitants qui s’y sentent bien. Le niveau de sécurité varie fortement d’une rue à l’autre, et c’est la raison pour laquelle la visite sur place compte plus que la réputation.
Clairs-Soleils : un nom trompeur
Clairs-Soleils figure dans tous les classements, juste derrière Planoise. Son nom poétique contraste avec une image de quartier populaire, également classé QPV. Les habitants y décrivent surtout des incivilités et un sentiment d’isolement, plus que des violences quotidiennes.
Pour un locataire, ce secteur offre souvent des loyers plus doux qu’ailleurs dans la ville. Pour un acheteur, il demande de bien vérifier la copropriété, l’entretien des parties communes et les projets de rénovation urbaine en cours.
Battant : entre charme et tensions
Battant est le quartier le plus atypique de la liste. Situé au bord du Doubs, il séduit par ses ruelles, ses bars et son ambiance animée. Cette même animation explique la plupart des reproches : bruit nocturne, attroupements, parfois des altercations en fin de soirée.
Si vous cherchez le calme, privilégiez un appartement sur cour ou une rue en retrait. Si vous aimez vivre au centre des choses, Battant reste un quartier agréable, et son classement en QPV n’enlève rien à son attrait touristique.
Montrapon et Palente-Orchamps : zones à surveiller
Montrapon et Palente-Orchamps sont moins souvent cités, mais figurent eux aussi dans la liste des QPV. Ils comptent des poches de fragilité sociale à côté de secteurs résidentiels tout à fait paisibles. La délinquance n’y est pas documentée comme plus élevée que dans le reste de la ville.
Les Hauts de Saint-Claude ferment cette liste. Même logique : un classement social, des équipements de proximité, et des situations très différentes d’un ensemble d’immeubles à l’autre.
Les quartiers sûrs où s’installer à Besançon

La Boucle, le centre historique niché dans un méandre du Doubs, reste la valeur sûre. On y trouve les commerces, la vie culturelle et une présence permanente de passants, ce qui limite le sentiment d’insécurité. Les prix au m² y sont en revanche parmi les plus élevés de la ville, et le stationnement reste compliqué.
Les Chaprais constituent l’alternative préférée des familles et des jeunes actifs. Proche du centre, ce quartier à l’ambiance de village offre marchés, écoles et commerces, avec une vie de quartier réelle. Saint-Ferjeux séduit pour sa part par son calme résidentiel et ses maisons avec jardin, un peu plus loin du cœur de la ville.
Dans tous les cas, la sécurité d’un logement dépend aussi de l’immeuble, de l’éclairage de la rue et du voisinage. Passez une soirée dans le secteur avant de signer, c’est le test le plus fiable.
Investir ou habiter dans un quartier sensible : faut-il vraiment éviter ?
Pour l’investissement locatif, un quartier sensible n’est pas un mauvais choix par nature. Les prix d’achat y sont plus bas et la rentabilité brute souvent plus élevée, ce qui attire certains investisseurs. En contrepartie, la vacance locative, les impayés et la difficulté à revendre sont des risques réels qu’il faut chiffrer avant d’acheter.
Les programmes de rénovation urbaine portés par la ville et Grand Besançon Métropole peuvent aussi modifier la donne à moyen terme, avec des logements réhabilités et de nouveaux équipements. Ils ne garantissent pas une hausse de valeur, mais ils changent le profil de certains secteurs. Se renseigner sur les chantiers prévus reste utile.
Pour y habiter, le critère décisif est plutôt personnel : votre horaire de travail, votre mode de déplacement, la présence d’enfants et votre tolérance au bruit. Un étudiant qui rentre tard n’a pas les mêmes attentes qu’une famille qui cherche des écoles à proximité.
FAQ : vos questions sur la sécurité à Besançon

Quel est le quartier le plus dangereux de Besançon ?
Planoise est le plus cité, mais aucune statistique officielle ne permet de désigner « le plus dangereux » à l’échelle d’un quartier. Les données de délinquance sont publiées pour la commune entière.
Battant est-il dangereux la nuit ?
Le quartier est surtout bruyant le week-end. Des altercations ont lieu en sortie de bars, comme dans n’importe quel secteur festif. Rester dans les rues animées et éviter les ruelles désertes suffit en général.
Quels quartiers choisir pour une famille ?
Les Chaprais et Saint-Ferjeux reviennent le plus souvent pour leur calme, leurs écoles et leurs commerces de proximité, une logique similaire à celle des quartiers à éviter à Mont-Saint-Aignan. La Boucle convient aux ménages qui préfèrent vivre en centre-ville.
Besançon est-elle plus dangereuse que d’autres villes de sa taille ?
Avec 59,9 faits pour 1 000 habitants, la ville n’affiche pas un niveau exceptionnel. Les cambriolages y sont moins fréquents que la moyenne nationale, mais les agressions physiques y sont plus nombreuses, ce qui invite à rester attentif plutôt qu’inquiet.





