Le calla, ou Zantedeschia, séduit par ses grandes bractées en cornet et son feuillage élégant. Cette plante à rhizome s’adapte aussi bien à un pot en appartement qu’à une plate-bande de jardin, à condition de respecter quelques règles simples liées à la lumière, à l’arrosage et surtout au repos hivernal.
Calla en intérieur ou extérieur : comprendre les différences
La réussite de la culture du calla repose sur trois éléments : une lumière abondante mais filtrée, un substrat frais et drainant pendant la croissance, puis une phase de dormance presque au sec. En intérieur, la plante profite d’une température stable toute l’année, ce qui permet parfois une floraison prolongée. En extérieur, le calla suit le rythme des saisons et doit être protégé du gel dans les régions froides.
En pot, on garde la main sur l’arrosage et l’exposition, ce qui facilite le contrôle du drainage. En pleine terre, le rhizome bénéficie d’un sol plus frais naturellement, mais il faut anticiper l’hivernage avant les premières gelées. Le choix entre les deux dépend surtout du climat local et de la place disponible.
Entretien du calla : arrosage, fertilisation et exposition
Pendant la période de croissance, du printemps à la fin de l’été, le calla apprécie un arrosage régulier qui maintient le substrat humide sans détremper les racines. En intérieur, on arrose dès que la surface du pot commence à sécher, en évitant que l’eau stagne dans la soucoupe. En extérieur, un paillage aide à conserver la fraîcheur du sol tout en limitant les arrosages fréquents en été.
La fertilisation accompagne la floraison : un engrais liquide pour plantes fleuries, apporté toutes les deux à trois semaines de mars à septembre, favorise l’apparition des bractées colorées. On réduit puis on arrête complètement les apports d’engrais dès que le feuillage commence à jaunir, signe que la plante entre dans sa phase de repos.
Côté exposition, le calla préfère une lumière vive sans soleil brûlant direct aux heures chaudes. Une situation de mi-ombre convient parfaitement en extérieur, surtout dans les régions au climat estival marqué. En intérieur, une fenêtre lumineuse orientée est ou ouest reste le meilleur compromis entre clarté et douceur.
Planter le calla en pot ou en pleine terre

La plantation démarre toujours par le choix d’un substrat riche en matière organique, mais suffisamment drainant pour éviter tout excès d’humidité autour du rhizome. Un bon drainage reste la condition la plus importante, quelle que soit la méthode choisie.
Plantation en pot (intérieur/extérieur)
Choisissez un contenant percé d’au moins un trou d’évacuation, et disposez une couche de billes d’argile ou de graviers au fond pour améliorer le drainage. Installez le rhizome à environ 5 à 8 centimètres de profondeur, l’œil de croissance orienté vers le haut, puis complétez avec un terreau léger mélangé à un peu de sable. Arrosez modérément après la plantation, puis attendez l’apparition des premières pousses avant d’augmenter la fréquence des arrosages.
Plantation en pleine terre
En extérieur, attendez que tout risque de gelée soit écarté, généralement à partir du mois de mai selon les régions. Ameublissez la terre en profondeur, enrichissez-la de compost bien décomposé, puis enterrez le rhizome à la même profondeur qu’en pot. Espacez les plants d’environ 30 centimètres pour laisser au feuillage la place de se développer sans favoriser l’humidité stagnante propice aux maladies.
| Critère | Calla en intérieur | Calla en extérieur |
|---|---|---|
| Exposition | Lumière vive filtrée | Mi-ombre ou soleil doux |
| Arrosage | Régulier, jamais stagnant | Paillage + arrosage modéré |
| Hivernage | Rhizome au sec, 10 °C environ | Arrachage avant les gelées |
| Substrat | Terreau drainant en pot | Sol enrichi, bien drainé |
Hivernage, refleurir et division du calla
Après la floraison, laissez le feuillage jaunir et sécher naturellement : cette phase permet au rhizome de reconstituer ses réserves pour l’année suivante. En pot, réduisez progressivement les arrosages jusqu’à les arrêter presque totalement, puis conservez le contenant dans un endroit frais et sombre, à l’abri du gel.
En pleine terre, dans les régions où l’hiver descend sous zéro, il est préférable de déterrer le rhizome avant les premières gelées, de le nettoyer, de le laisser sécher quelques jours puis de le stocker dans une caisse remplie de tourbe ou de sable légèrement humide, à une température proche de 10 °C. Ce repos hivernal conditionne directement la qualité de la floraison suivante.
Pour refleurir le calla, reprenez les arrosages au printemps dès que les températures remontent, replantez le rhizome et réintroduisez progressivement la fertilisation. La division du rhizome, tous les deux à trois ans, permet de multiplier les plants : séparez délicatement les tubercules porteurs d’un œil à la reprise de végétation, puis replantez chaque fragment séparément.
Le geste qui évite la pourriture du rhizome
Ne réhydratez jamais un rhizome sec brutalement avec un arrosage copieux. Reprenez les apports d’eau progressivement sur une à deux semaines, le temps que les nouvelles racines se forment et absorbent l’humidité sans risque de pourriture.
Problèmes courants et solutions

Les feuilles jaunes en cours de croissance signalent souvent un excès d’arrosage ou un manque de lumière, alors qu’un jaunissement en fin de saison reste tout à fait normal avant l’entrée en dormance. La pourriture du rhizome, elle, résulte presque toujours d’un substrat trop humide pendant le repos hivernal : un drainage insuffisant ou des arrosages maintenus par erreur en sont les causes principales.
Les pucerons et les araignées rouges peuvent s’installer sur le feuillage en intérieur, surtout dans une atmosphère trop sèche. Un brumisage léger et une vérification régulière du revers des feuilles suffisent généralement à limiter leur installation. À noter que toutes les parties du calla sont toxiques en cas d’ingestion, ce qui impose une vigilance particulière avec les jeunes enfants et les animaux domestiques.
Il existe plusieurs variétés de calla, des formes blanches classiques aux teintes plus vives comme le jaune, le rose ou le pourpre presque noir. Certaines variétés miniatures se prêtent particulièrement bien à la culture en pot, tandis que les formes plus vigoureuses trouvent naturellement leur place en pleine terre, en massif ou en bordure de bassin.





